Le jardinier trépigne ! il sent bien que le printemps est proche mais il est forcé de constater, aussi, que l'hiver, dans bien des régions, n'a pas encore fait ses valises. La sagesse populaire lui recommande donc d'attendre. Pas question de se lancer hâtivement dans les cultures de légumes ou de plantes annuelles. Sauf, bien sûr, dans les régions que l'on a l'habitude de qualifier de « privilégiées », comme le Midi ou le littoral atlantique. Là, effectivement, les jardiniers ont plus de chance que leurs collègues. Plus de chance mais aussi plus de travail, car ils ont au moins deux mois de plus à aller au jardin. Et, pendant ce temps, les plantes ne poussent pas toutes seules, il faut les entretenir. C'est à ce prix que les jardiniers de ces régions dites « privilégiées » auront des satisfactions. Dans le cas contraire, ils ne posséderont pas un jardin très agréable ces deux mois supplémentaires que leur accorde la nature. Mais ils sont rares les amoureux de la terre à la laisser en friche, sauf quand de vilains rhumatismes les contraignent à limiter leurs efforts. Pour les éviter, que ce soit sous le climat humide de l'océan ou bien sous la neige verglacée du Haut-Doubs, il faut s'en remettre aux remèdes de grands-mères et ne pas hésiter à glisser sous la chemise, au niveau des reins, la fameuse ceinture de flanelle ou tout autre vêtement spécialisé de ce type. C'est le seul moyen de ne pas être contraint de trépigner, coincé à la maison par une crise de lumbago.


